Les personnes qui cherchent à acheter ou louer un appartement sont comme des jeunes parents face aux pleurs de leur enfant: au début, la moindre annonce les fait bondir de leur chaise et se précipiter sur leur téléphone. Et puis le temps passe, et ils apprennent à déchiffrer la langue immobilière, saint Graal sur la route de l’économie des déplacements inutiles. Petit top (par les copains de Jean Pense Pas Moins) du lexique immobilio-français à l’usage du chercheur qui avait pris espagnol à la place d'immobilier en deuxième langue.

À ne pas manquer

: s’il vous plait, on galère vraiment à le vendre, venez au moins visiter, quoi…

Clair

: sombre. Pour « clair », chercher « lumineux »

Cuisine fonctionnelle

: placard astucieusement transformé en cuisine

Distribution en étoile

: entrée au milieu du salon, lui-même au milieu de la cuisine

En étage élevé

: en haut d’une tour de la Défense et sans ascenseur

Fort potentiel

: taudis à dératiser puis à retaper entièrement

Immeuble de standing

: immeuble année 50, ambiance Union Soviétique

Meublé avec bon goût

: meublé avec le goût d’un type. Qui fait peut-être du tuning

Pas de perte de place

: appartement aussi spacieux qu’un dé à coudre

Quartier en pleine évolution

: quartier de prédilection des toxicomanes

Trois pièces dont une idéale chambre d’enfants

: Deux pièces + un placard

Kitchenette

: un évier et une plaque électrique. Possibilité d'un evier-plaque électrique.

Quartier très recherché

: quartier hors de prix. Aussi, quartier calme = mort

Très bonnes garanties demandées

: laisse tomber

Immeuble 1960 moderne

: immeuble moderne en 1960

Alors, vous trouvez que ça sent le vécu ?