On nous répète partout qu'il faut apprendre à coder. Oui, sans doute. Mais on peut aussi apprendre à couper des barbes et pas trop mal se démerder, manifestement. Ouais, faut sans doute apprendre à faire un business plan avant à la fac ou dans une école, vu la sociologie des gens qui font ça, mais quand même.
Barbier (on dit merci aux hipsters à moustache)
« Tu t'es coupé la barbe ? » « Non, je suis allé chez le barbier. » Phrase entendue dans tout quartier de l'Est parisien avant de vomir dans sa (propre) barbe.
Sabotier (merci aux Scandinaves stylés)
Non, il ne s'agit pas de types qui font sauter des ponts, mais bien de types qui fabriquent des sabots. Comme le sabot revient à la mode et que tout le monde n'est pas en mesure de fabriquer des trucs en bois à sa taille sans se faire d'écharde, on revoit des sabotiers dans les grandes agglomérations.
Vannier (c’est le monsieur qui fait tous les jolis paniers qu’on voit dans les magazines de déco)
Aucun lien avec Jean-Claude Vannier. Le vannier fait des trucs décoratifs en osier qui permettent aux bobos de faire chez eux la transition entre le dépouillement scandinave et la chaleur d'une maison de grands-parents. Les mecs ne mettent pas tous leurs œufs dans le même panier.
Ebéniste (merci aux meubles en kit d'être insupportables)
Quitte à avoir des meubles, autant avoir des meubles personnalisés dans les petits appartements qui restent depuis qu'il n'y a plus un seul appartement de taille normale à prix normal. En plus, ce qu'on n'économise pas en loyer, on peut le mettre dans ses meubles. Sauf à aller voir des menuiseries solidaires.
Majordome (merci à la crise)
La profession de majordome revient à la mode dans certains cercles qu'on imagine, sans doute à la suite de l'affaire Bettencourt et des révélations de Pascal Bonnefoy. C'est chouette, comme ça l'expression « majordome stylé » pourra être exhumé des seuls livres d'Agatha Christie.
Vitrailliste (merci aux vitraux)
Les vitraux des églises s'usent et nécessitent d'être remplacés ou restaurés. De nombreux étudiants en art appliqué s'orientent vers le métier de vitrailliste et fabriquent de jolies scènes bibliques avec des couleurs vives.
Bourrelier (merci la crise agricole)
Le matériel agricole provenait presque intégralement, depuis plusieurs années, de la grande distribution, qui proposait des articles de moins bonne qualité pour un prix exponentiel. Dans un contexte de crise agricole, les éleveurs cherchent à obtenir pour moins cher du matériel de meilleure qualité ; c'est là que le bourrelier entre en jeu, puisque c'est à lui que revient de fabriquer tout ce matériel agricole sur mesures.
Accordeur de pianos (merci les pianos)
Le métier s'était un peu perdu puisque les gens avaient des pianos électriques chez eux, voire plus de pianos du tout. Mais un certain renouveau bohème pour la pratique de la musique en général et le piano en particulier a redoré le blason de ce métier un temps plébiscité par les aveugles à qui des petits malins essayaient de refiler de faux billets.
Rémouleur (merci Top Chef)
Puisque désormais les gens font la cuisine et prêtent donc attention à la qualité de leurs couteaux pour ne pas passer quatre heures à couper des tomates et, surtout, pour crâner auprès de leurs amis qui, eux aussi, font la cuisine, les rémouleurs reviennent sur le devant de la scène. Il y a quelques années, il ne restait qu'un rémouleur en France. Ils sont désormais plus d'une centaine, avec site Internet et tout le tralala.
Livreur ou tout autre truc à domicile (merci l'ubérisation)
Les laitiers avaient disparu, de même que les livreurs de journaux. Et puis l'ubérisation générale a renouvelé le genre de la livraison, au travers du transport, de la bouffe et désormais même du pack cadeau pour un anniversaire. Des services se créent tous les jours. Bientôt le monde se divisera entre ceux qui ne bougent jamais leurs fesses et ceux qui font du vélo pour leur apporter des trucs.
On a résolu le problème insoluble du temps : c'est une boucle, en fait.
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